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Obligations fiscales d'une EURL

Rédigé par Redlina Dernière mise à jour : 7 minutes de lecture

Une EURL doit remplir chaque année plusieurs obligations fiscales précises : déclarer son résultat, verser l'impôt correspondant, gérer la TVA lorsqu'elle y est assujettie et s'acquitter de la cotisation foncière des entreprises.

Ces obligations diffèrent sensiblement selon le régime d'imposition retenu. Une EURL soumise à l'impôt sur le revenu ne verse pas d'impôt sur les sociétés, mais son résultat est intégralement imposé au nom de l'associé unique. Une EURL soumise à l'impôt sur les sociétés paie l'impôt elle-même, et l'associé unique n'est imposé que sur la rémunération et les dividendes qu'il perçoit effectivement.

Ces obligations s'appliquent dès l'immatriculation de la société, y compris lorsque l'activité reste modeste ou temporairement interrompue.

Accès direct :

Le régime fiscal de l'EURL : impôt sur le revenu ou impôt sur les sociétés ?

Le régime fiscal applicable à une EURL dépend en premier lieu de la nature de l'associé unique. Lorsque l'associé unique est une personne physique, l'EURL relève par défaut du régime de l'impôt sur le revenu : la société elle-même ne paie pas d'impôt, son résultat est directement imposé au nom de l'associé unique, dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux ou des bénéfices non commerciaux selon la nature de l'activité exercée.

L'associé unique personne physique peut toutefois opter pour l'impôt sur les sociétés, conformément à l'article 239 du Code général des impôts. Cette option, qui doit être notifiée au service des impôts des entreprises, était historiquement irrévocable. Depuis la loi PACTE, elle peut être remise en cause dans les cinq exercices suivant sa prise d'effet, sous réserve de respecter certaines conditions de délai et de notification.

Lorsque l'associé unique est une personne morale, c'est-à-dire une autre société, l'EURL est obligatoirement soumise à l'impôt sur les sociétés, en application de l'article 206 du Code général des impôts. Aucune option pour l'impôt sur le revenu n'est possible dans ce cas. Le choix ou l'absence de choix entre ces deux régimes entraîne des conséquences importantes sur les obligations déclaratives et le calendrier fiscal applicables à la société.

Point de vigilance

L'option pour l'impôt sur les sociétés n'est plus totalement irrévocable depuis la loi PACTE du 22 mai 2019. L'associé unique dispose d'un délai de cinq exercices pour renoncer à cette option et revenir au régime de l'impôt sur le revenu, à condition de notifier cette renonciation à l'administration fiscale avant la fin du mois précédant la date limite de versement du premier acompte de l'exercice concerné.

Passé ce délai, le retour à l'impôt sur le revenu n'est plus possible. L'associé unique d'une EURL détenue par une personne morale, quant à lui, ne dispose d'aucune possibilité d'option : l'impôt sur les sociétés s'applique de manière obligatoire et permanente.

La déclaration de résultat, quel que soit le régime choisi

Que l'EURL relève de l'impôt sur le revenu ou de l'impôt sur les sociétés, elle doit déposer chaque année une déclaration de résultat auprès de l'administration fiscale. Cette obligation existe indépendamment du versement effectif d'un impôt par la société : une EURL à l'impôt sur le revenu ne paie pas d'impôt sur les sociétés, mais doit néanmoins transmettre les éléments permettant de déterminer le résultat imposé au nom de l'associé unique.

Le formulaire à utiliser dépend à la fois du régime fiscal et du régime d'imposition des bénéfices, réel simplifié ou réel normal, déterminé selon le chiffre d'affaires réalisé.

Régime fiscal et d'imposition Déclaration à déposer
EURL à l'IR – régime réel simplifié Formulaire n° 2031-SD et annexes 2033-A à 2033-G
EURL à l'IR – régime réel normal Formulaire n° 2031-SD et annexes 2050 à 2059-G
EURL à l'IS – régime réel simplifié Formulaire n° 2065-SD et annexes 2033-A à 2033-G
EURL à l'IS – régime réel normal Formulaire n° 2065-SD et annexes 2050 à 2059-G

L'ensemble de ces documents, ainsi que les modalités précises de dépôt, constituent ce que l'on appelle la liasse fiscale de l'EURL.

La déclaration de résultat doit être déposée au plus tard le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai lorsque l'exercice est clos au 31 décembre. Lorsque l'exercice comptable ne coïncide pas avec l'année civile, le délai est de trois mois à compter de la date de clôture. Le non-respect de ce délai expose l'EURL à une majoration et à des intérêts de retard.

Le paiement de l'impôt sur les sociétés

Seules les EURL soumises à l'impôt sur les sociétés sont concernées par cette obligation. L'impôt dû au titre d'un exercice donne lieu, en cours d'année, au versement d'acomptes trimestriels, calculés sur la base de l'impôt payé l'exercice précédent, lorsque ce montant atteint 3 000 €.

Ces acomptes sont versés aux 15 mars, 15 juin, 15 septembre et 15 décembre, au moyen du relevé d'acompte n° 2571. Le solde de l'impôt, déterminé une fois le résultat définitif connu, est versé au moyen du relevé de solde n° 2572, en principe le 15 mai suivant la clôture de l'exercice lorsque celui-ci coïncide avec l'année civile. Les modalités précises de calcul de ces acomptes, ainsi que les pénalités applicables en cas de versement insuffisant, sont détaillées dans notre article consacré aux acomptes d'impôt sur les sociétés.

Le taux normal de l'impôt sur les sociétés s'établit à 25 %. Un taux réduit de 15 % s'applique sur la fraction du bénéfice imposable jusqu'à 42 500 €, sous réserve que le chiffre d'affaires de l'EURL n'excède pas 10 000 000 € hors taxes et que son capital social soit entièrement libéré et détenu à hauteur de 75 % au moins par des personnes physiques.

La TVA de l'EURL

La TVA ne dépend pas du régime d'imposition des bénéfices, mais du chiffre d'affaires réalisé et de la nature de l'activité exercée. Selon ces éléments, une EURL peut relever de la franchise en base de TVA, qui la dispense de collecter et de déclarer cette taxe, du régime réel simplifié, ou du régime réel normal.

En franchise en base, l'EURL ne facture pas la TVA à ses clients et ne peut pas la récupérer sur ses achats. Au-delà des seuils de chiffre d'affaires fixés par le Code général des impôts, l'EURL devient redevable de la TVA et doit déposer des déclarations périodiques, mensuelles, trimestrielles ou annuelles selon le régime applicable. Les seuils actualisés, les régimes déclaratifs et les échéances propres à chaque configuration sont présentés dans notre article dédié à la TVA applicable à l'EURL.

Le passage d'un régime à l'autre n'est pas automatique et doit être surveillé chaque année, en particulier lorsque l'activité de l'EURL est en croissance.

La cotisation foncière des entreprises

La cotisation foncière des entreprises est due par toute EURL exerçant une activité professionnelle non salariée, à titre habituel, au 1er janvier de l'année d'imposition. Elle est calculée à partir de la valeur locative des biens soumis à la taxe foncière que la société utilise pour son activité, avec application d'une cotisation minimale lorsque cette valeur locative est faible ou nulle.

L'EURL bénéficie d'une exonération totale de cotisation foncière des entreprises au titre de l'année de sa création. Elle devient redevable de cette cotisation à compter de la deuxième année d'activité. Le solde est à régler au plus tard le 15 décembre, un acompte étant exigé au 15 juin lorsque la cotisation de l'année précédente a dépassé 3 000 €.

Certaines EURL dont le chiffre d'affaires dépasse 500 000 € peuvent également être redevables de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, dont la suppression progressive doit s'achever en 2027.

L'imposition de la rémunération et des dividendes du gérant

Le traitement fiscal de la rémunération du gérant associé unique diffère profondément selon le régime d'imposition de l'EURL. Dans une EURL à l'impôt sur le revenu, la rémunération versée au gérant n'est pas déductible du résultat de la société : le bénéfice imposé au nom de l'associé unique intègre déjà cette rémunération, qu'elle soit ou non effectivement versée.

Dans une EURL à l'impôt sur les sociétés, la rémunération du gérant est en revanche déductible du résultat imposable de la société, sous réserve qu'elle corresponde à un travail effectif et qu'elle ne soit pas excessive. Elle est imposée entre les mains du gérant dans la catégorie des traitements et salaires, avec l'abattement forfaitaire pour frais professionnels applicable à cette catégorie.

Les dividendes distribués par une EURL à l'impôt sur les sociétés sont imposés au prélèvement forfaitaire unique de 30 %, qui regroupe 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, sauf option globale pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu. Lorsque le gérant associé unique relève du régime social des travailleurs non salariés, la fraction des dividendes qui excède 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes versées en compte courant est soumise aux cotisations sociales, et non aux seuls prélèvements sociaux.

Checklist : les échéances fiscales à ne pas manquer

Ces échéances reviennent chaque année pour une EURL en activité. Certaines ne concernent que les sociétés soumises à l'impôt sur les sociétés.

FAQ : obligations fiscales d'une EURL

Une EURL peut-elle changer de régime fiscal après sa création ?

Oui, une EURL soumise par défaut à l'impôt sur le revenu peut opter à tout moment pour l'impôt sur les sociétés. Depuis la loi PACTE, cette option peut également être remise en cause dans les cinq exercices suivant sa prise d'effet. Passé ce délai, le retour à l'impôt sur le revenu n'est plus possible.

Quel est le taux d'impôt sur les sociétés applicable à une EURL ?

Le taux normal est de 25 %. Un taux réduit de 15 % s'applique sur la part du bénéfice inférieure à 42 500 €, sous réserve que le chiffre d'affaires reste inférieur à 10 000 000 € et que le capital social soit détenu à 75 % au moins par des personnes physiques.

Une EURL sans activité doit-elle continuer à remplir ses obligations fiscales ?

Oui. Une EURL mise en sommeil reste tenue de déposer sa déclaration de résultat, même en l'absence de chiffre d'affaires. Elle peut en revanche bénéficier d'une réduction, voire d'une exonération, de la cotisation foncière des entreprises selon la durée de la mise en sommeil.

Le changement de date de clôture de l'exercice modifie-t-il les délais fiscaux de l'EURL ?

Oui. Le délai de dépôt de la déclaration de résultat, tout comme celui du solde de l'impôt sur les sociétés, se calcule à partir de la date de clôture effective de l'exercice, et non à partir du 31 décembre par défaut. Un exercice décalé entraîne donc des échéances propres à l'EURL concernée.

Sources légales et réglementaires :

  1. Code général des impôts – Articles 206, 219 et 239 (régime de l'impôt sur les sociétés)
  2. BOFiP-Impôts – Régime fiscal des sociétés soumises à l'impôt sur les sociétés
  3. entreprendre.service-public.fr – Fiscalité de l'EURL
  4. impots.gouv.fr – Calendrier fiscal des professionnels