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Calendrier fiscal et juridique d'une EURL

Rédigé par Redlina Dernière mise à jour : 7 minutes de lecture

Une EURL doit respecter un ensemble d'échéances fiscales et juridiques qui reviennent chaque année, certaines une seule fois, d'autres plusieurs fois par an. Le rythme exact de ces échéances dépend de deux éléments propres à chaque société : la date de clôture de l'exercice comptable et le régime fiscal applicable au résultat.

Ce calendrier conditionne directement la vie de l'entreprise. Manquer le dépôt d'une déclaration de TVA, oublier d'approuver les comptes annuels dans le délai imparti ou négliger le versement d'un acompte d'impôt sur les sociétés expose l'EURL à des pénalités, voire à des sanctions plus lourdes en cas de manquement répété.

Cet article présente, dans l'ordre chronologique, l'ensemble des échéances applicables à une EURL dont l'exercice coïncide avec l'année civile, ainsi que les ajustements à prévoir lorsque ce n'est pas le cas.

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Qu'est-ce qui détermine le calendrier d'une EURL ?

Deux paramètres fixent l'ensemble des échéances applicables à une EURL. Le premier est la date de clôture de l'exercice comptable, choisie librement dans les statuts. Le second est le régime fiscal retenu pour l'imposition du résultat.

La date de clôture correspond le plus souvent au 31 décembre, mais rien n'impose de la faire coïncider avec l'année civile. Une EURL peut clôturer son exercice au 30 juin, au 31 mars ou à toute autre date choisie à la création. Toutes les échéances légales se calculent à partir de cette date de clôture, et non à partir de la date de création de la société.

Le régime fiscal constitue le second facteur déterminant. Par défaut, l'EURL dont l'associé unique est une personne physique relève de l'impôt sur le revenu : le résultat est imposé directement au nom du gérant, dans la catégorie correspondant à la nature de l'activité exercée. L'associé unique peut toutefois opter pour l'imposition à l'impôt sur les sociétés, ce qui modifie sensiblement le calendrier applicable, notamment en ajoutant des échéances de paiement propres à l'IS. Les différences entre ces deux régimes sont détaillées dans notre article consacré à l'EURL à l'IS ou à l'IR.

Le calendrier présenté dans cet article correspond au cas le plus fréquent : un exercice clôturé au 31 décembre. Les ajustements nécessaires pour un exercice décalé sont précisés plus loin.

Les échéances mensuelles et trimestrielles

La déclaration et le paiement de la TVA

Le rythme des obligations en matière de TVA dépend du régime applicable à l'EURL. Une EURL placée sous la franchise en base de TVA n'a aucune déclaration à déposer, tant que son chiffre d'affaires reste sous les seuils légaux. Une EURL soumise au régime réel simplifié verse deux acomptes, en juillet et en décembre, puis régularise sa situation dans une déclaration annuelle déposée au printemps suivant. Une EURL soumise au régime réel normal dépose une déclaration chaque mois, ou chaque trimestre si la TVA due sur l'année est inférieure à 4 000 €, la date limite de dépôt étant fixée entre le 15 et le 24 du mois selon le numéro SIREN de la société.

Ces règles, ainsi que les dates précises applicables à chaque régime, sont détaillées dans notre article sur la TVA en EURL.

Les cotisations sociales du gérant associé unique

Le gérant associé unique d'une EURL relevant du régime des travailleurs non salariés verse des cotisations sociales calculées à titre provisionnel, sur la base du revenu déclaré deux ans auparavant. Ces cotisations sont réglées mensuellement ou trimestriellement, selon l'option choisie auprès de l'URSSAF lors de l'affiliation.

Une régularisation intervient chaque année, une fois le revenu réel connu, à l'occasion de la déclaration sociale des indépendants, désormais intégrée à la déclaration de revenus personnelle du gérant. Le calcul de ces cotisations et les taux applicables sont expliqués dans notre article sur les cotisations sociales du gérant associé unique.

Les échéances annuelles clés

L'approbation des comptes annuels

L'associé unique doit approuver les comptes annuels de l'EURL dans les six mois qui suivent la clôture de l'exercice. Pour un exercice clôturé au 31 décembre, cette approbation doit donc intervenir au plus tard le 30 juin suivant. Cette décision, qui remplace l'assemblée générale ordinaire d'une société pluripersonnelle, doit être consignée dans le registre des décisions de l'associé unique.

Le dépôt des comptes annuels au greffe

Une fois les comptes approuvés, l'EURL dispose d'un mois pour les déposer au greffe du tribunal de commerce, délai porté à deux mois en cas de dépôt par voie électronique. Pour un exercice clôturé au 31 décembre et des comptes approuvés le 30 juin, le dépôt doit donc intervenir au plus tard fin juillet, ou fin août en cas de dépôt dématérialisé. Les modalités de ce dépôt et les sanctions applicables en cas de retard sont détaillées dans notre article sur le dépôt des comptes annuels d'une EURL.

La déclaration de résultat (liasse fiscale)

Le délai de dépôt de la liasse fiscale dépend du régime fiscal de l'EURL. Une EURL à l'impôt sur les sociétés dont l'exercice est clôturé au 31 décembre dépose sa déclaration de résultat au début du mois de mai suivant, la date exacte étant fixée chaque année par l'administration fiscale. Lorsque l'exercice ne coïncide pas avec l'année civile, le délai est de trois mois à compter de la clôture.

Une EURL à l'impôt sur le revenu ne dépose pas de déclaration de résultat distincte de la déclaration personnelle du gérant : le résultat de l'entreprise est reporté sur sa déclaration de revenus, dans le cadre du formulaire complémentaire consacré aux revenus professionnels, dans le même délai que celui applicable à la déclaration de revenus des particuliers.

Les acomptes et le solde de l'impôt sur les sociétés

Une EURL soumise à l'impôt sur les sociétés verse quatre acomptes dans l'année, aux échéances des 15 mars, 15 juin, 15 septembre et 15 décembre, sauf si l'impôt dû l'année précédente était inférieur à 3 000 €, situation qui dispense l'entreprise d'acomptes. Le solde de l'impôt est versé au plus tard le 15 mai suivant la clôture de l'exercice, pour un exercice clôturé au 31 décembre.

La cotisation foncière des entreprises (CFE)

La CFE fait l'objet de deux échéances distinctes. Un acompte est dû au 15 juin lorsque la CFE de l'année précédente dépassait 3 000 €. Le solde, qui intègre la taxe additionnelle pour frais de chambre de commerce, doit être réglé au plus tard le 15 décembre. Une EURL nouvellement créée bénéficie d'une exonération de CFE au titre de sa première année d'activité.

Point de vigilance : un exercice décalé change toutes les dates

Ce calendrier correspond à un exercice clôturé au 31 décembre, cas le plus répandu parmi les EURL. Lorsque l'exercice est clôturé à une autre date, par exemple le 30 juin, chaque échéance se décale d'autant : l'approbation des comptes doit intervenir avant le 31 décembre, leur dépôt avant fin janvier, et la déclaration de résultat dans les trois mois suivant la clôture si l'entreprise est à l'impôt sur les sociétés.

Les échéances liées à la TVA et aux cotisations sociales du gérant, en revanche, ne dépendent pas de la date de clôture de l'exercice : elles suivent un rythme mensuel ou trimestriel fixe, indépendant du calendrier comptable de la société.

Le calendrier annuel en un tableau

Le tableau suivant récapitule, dans l'ordre chronologique de l'année, les échéances applicables à une EURL soumise à l'impôt sur les sociétés dont l'exercice est clôturé au 31 décembre.

Échéance Obligation à accomplir
15 mars Premier acompte d'IS (si IS dû l'année précédente > 3 000 €)
Mensuellement ou trimestriellement Déclaration et paiement de la TVA, selon le régime applicable
Mensuellement ou trimestriellement Paiement des cotisations sociales provisionnelles du gérant
Début mai Dépôt de la déclaration de résultat (liasse fiscale)
15 mai Solde de l'impôt sur les sociétés
15 juin Deuxième acompte d'IS et acompte de CFE (si CFE N-1 > 3 000 €)
30 juin Date limite d'approbation des comptes annuels
Fin juillet Dépôt des comptes au greffe (fin août si dépôt électronique)
15 septembre Troisième acompte d'IS
15 décembre Quatrième acompte d'IS et solde de la CFE

Checklist : ne rien oublier chaque année

Reprenez cette liste au fil de l'année pour vérifier qu'aucune échéance fiscale ou juridique n'a été oubliée, quel que soit le régime fiscal de votre EURL.

FAQ : calendrier fiscal et juridique d'une EURL

Quelle est la première échéance à respecter après la création d'une EURL ?

La première échéance concerne généralement l'immatriculation elle-même et les formalités qui l'accompagnent, comme l'ouverture d'un compte bancaire dédié ou la mise en place du registre des bénéficiaires effectifs. Les échéances fiscales récurrentes ne commencent véritablement qu'à la clôture du premier exercice, qui peut être plus court ou plus long qu'une année complète.

Que risque une EURL qui dépasse le délai de dépôt de ses comptes annuels ?

Le président du tribunal de commerce peut adresser une injonction de déposer les comptes, assortie d'une astreinte financière en cas de non-respect. Le dépôt tardif n'entraîne pas d'amende automatique, mais expose la société à cette procédure ainsi qu'à une perte de confidentialité si une procédure de dépôt simplifiée n'a pas été demandée.

Une EURL sans activité doit-elle respecter le même calendrier qu'une EURL active ?

Oui. L'approbation des comptes, leur dépôt au greffe et la déclaration de résultat restent obligatoires même en l'absence de chiffre d'affaires ou de résultat positif. Seules certaines échéances de paiement, comme les acomptes d'IS ou la TVA, disparaissent lorsqu'aucun montant n'est dû.

Le calendrier social du gérant suit-il le même rythme que le calendrier fiscal de l'EURL ?

Pas nécessairement. Les cotisations sociales provisionnelles du gérant sont payées mensuellement ou trimestriellement selon l'option choisie, indépendamment de la date de clôture de l'exercice. Seule la régularisation annuelle est liée à la déclaration de revenus du gérant, dont le calendrier suit celui de l'impôt sur le revenu des particuliers.

Sources légales et réglementaires :

  1. Code de commerce – Article L223-26 (approbation des comptes annuels)
  2. Code de commerce – Article L232-23 (délai de dépôt des comptes au greffe)
  3. Code général des impôts – Article 1668 (acomptes d'impôt sur les sociétés)
  4. Code général des impôts – Article 1447 (cotisation foncière des entreprises)
  5. entreprendre.service-public.fr – Obligations fiscales et comptables des entreprises