Article
Impôt sur les sociétés : guide complet des obligations
L'impôt sur les sociétés frappe le bénéfice réalisé par certaines entreprises, selon des règles de calcul, de déclaration et de paiement précises. Chaque société soumise à cet impôt doit respecter un calendrier fiscal strict, sous peine de majorations.
Ce guide présente l'ensemble des obligations liées à l'impôt sur les sociétés : qui y est soumis, comment le taux s'applique, comment le résultat fiscal est déterminé, et quelles démarches déclaratives et de paiement doivent être accomplies chaque année.
Comprendre ces obligations permet d'anticiper les échéances, de sécuriser ses calculs et d'éviter les pénalités les plus fréquentes.
Accès direct :
Qu'est-ce que l'impôt sur les sociétés ?
L'impôt sur les sociétés est un impôt direct assis sur le bénéfice réalisé par une société au cours d'un exercice comptable. Il diffère de l'impôt sur le revenu, applicable aux entreprises fiscalement transparentes, dont les bénéfices sont imposés directement au nom des associés.
Le bénéfice imposable à l'IS, appelé résultat fiscal, ne correspond pas au chiffre d'affaires de l'entreprise. Il résulte d'un calcul spécifique qui part du résultat comptable, puis intègre des retraitements fiscaux propres à cet impôt.
Cet impôt est calculé et déclaré chaque année, à l'issue de chaque exercice comptable, quelle que soit la date de clôture retenue par la société.
Qui est soumis à l'impôt sur les sociétés ?
Certaines formes de sociétés sont soumises à l'impôt sur les sociétés de plein droit, sans possibilité de choisir un autre régime. C'est le cas des sociétés anonymes (SA), des sociétés par actions simplifiées (SAS et SASU), des sociétés à responsabilité limitée (SARL) et des sociétés en commandite par actions.
D'autres structures, en principe soumises à l'impôt sur le revenu, peuvent opter pour l'impôt sur les sociétés. C'est notamment le cas des entreprises individuelles ayant choisi l'assimilation à une EURL sur le plan fiscal, des sociétés en nom collectif, et des sociétés civiles exerçant une activité industrielle ou commerciale.
Cette option est en principe irrévocable. Une renonciation reste toutefois possible dans les cinq exercices suivant celui au titre duquel l'option a pris effet, selon les conditions prévues par le code général des impôts.
Quel est le taux de l'impôt sur les sociétés ?
Le taux normal de l'impôt sur les sociétés s'établit à 25 % depuis les exercices ouverts à compter du 1ᵉʳ janvier 2022. Il s'applique à l'ensemble du bénéfice imposable, quelle que soit la taille de l'entreprise.
Un taux réduit de 15 % s'applique néanmoins à une partie du bénéfice des petites et moyennes entreprises qui remplissent certaines conditions cumulatives, détaillées dans notre article sur le taux réduit de l'IS.
| Taux applicable | Conditions et champ d'application |
|---|---|
| Taux normal : 25 % | Totalité du bénéfice imposable, pour toutes les sociétés soumises à l'IS |
| Taux réduit : 15 % | Tranche de bénéfice jusqu'à 42 500 €, sous réserve d'un chiffre d'affaires HT inférieur à 10 000 000 €, d'un capital entièrement libéré et détenu à 75 % au moins par des personnes physiques |
Comment calculer le résultat fiscal soumis à l'IS ?
Le résultat fiscal soumis à l'impôt sur les sociétés part du résultat comptable de l'exercice, déterminé selon les règles du plan comptable général. Ce résultat comptable subit ensuite des retraitements fiscaux, qui consistent à réintégrer certaines charges non déductibles et à déduire certains produits non imposables.
Parmi les postes qui font le plus fréquemment l'objet de retraitements figurent les charges non déductibles, les règles de déduction des amortissements, et les conditions de déductibilité des provisions comptables. Une erreur sur l'un de ces postes modifie directement le montant du résultat fiscal, et donc celui de l'impôt dû.
La méthode complète de calcul du résultat fiscal, étape par étape, est détaillée dans notre article consacré au résultat fiscal soumis à l'IS.
Quelles sont les obligations déclaratives à l'IS ?
La liasse fiscale
Chaque société soumise à l'impôt sur les sociétés doit déposer une déclaration annuelle de résultat, communément appelée liasse fiscale. Ce document regroupe la déclaration n° 2065, ainsi que ses annexes comptables et fiscales : bilan, compte de résultat, tableau des immobilisations, tableau des amortissements et détail des provisions constituées durant l'exercice.
Le contenu précis de la liasse fiscale, ainsi que les délais de dépôt applicables selon la date de clôture de l'exercice, sont détaillés dans notre guide sur la liasse fiscale.
La télédéclaration obligatoire
Cette déclaration doit obligatoirement être transmise par voie dématérialisée, selon un mode de transmission déterminé par l'administration fiscale. Le dépôt sur support papier n'est plus accepté, sauf exception très limitée liée à l'absence de moyens informatiques.
Comment et quand payer l'impôt sur les sociétés ?
Les acomptes trimestriels
Le paiement de l'impôt sur les sociétés s'effectue en deux temps. En cours d'exercice, la société verse quatre acomptes trimestriels, calculés à partir du résultat fiscal de l'exercice précédent. Les dates de versement, les modalités de calcul et les cas de dispense sont détaillés dans notre article consacré aux acomptes de l'IS.
Le solde de l'IS
Une fois l'exercice clôturé et le résultat fiscal définitivement arrêté, la société procède à la régularisation de son impôt au moyen du solde de l'IS, déclaré et payé sur le relevé de solde n° 2572. Ce solde correspond à la différence entre l'impôt total dû sur l'exercice et le montant des acomptes déjà versés.
Si les acomptes versés excèdent l'impôt réellement dû, l'excédent constitue une créance restituable ou imputable sur l'impôt à venir.
Calendrier annuel des obligations liées à l'IS
Le calendrier fiscal de l'IS repose sur quatre types d'échéances récurrentes chaque année. Le tableau suivant présente ces échéances pour une société dont l'exercice coïncide avec l'année civile, c'est-à-dire clos le 31 décembre.
| Échéance | Obligation correspondante |
|---|---|
| 15 mars | 1ᵉʳ acompte de l'impôt sur les sociétés |
| Dans les 3 mois suivant la clôture | Dépôt de la déclaration de résultat (liasse fiscale) |
| 15 mai | Solde de l'IS, déclaré sur le relevé n° 2572 |
| 15 juin | 2ᵉ acompte de l'impôt sur les sociétés |
| 15 septembre | 3ᵉ acompte de l'impôt sur les sociétés |
| 15 décembre | 4ᵉ acompte de l'impôt sur les sociétés |
Point de vigilance
Ces dates s'appliquent uniquement aux sociétés dont l'exercice coïncide avec l'année civile. Lorsque l'exercice est clos à une autre date, chaque échéance se calcule à partir de la date de clôture réelle, et non à partir du 31 décembre.
Les délais exacts applicables selon la date de clôture sont précisés dans nos articles dédiés aux acomptes, au solde et à la liasse fiscale.
Checklist : respecter ses obligations annuelles à l'IS
Voici les six étapes clés à ne pas manquer pour rester en conformité avec les obligations liées à l'impôt sur les sociétés, de la clôture de l'exercice au paiement du solde.
- Clôturer l'exercice comptable et arrêter les comptes annuels
- Calculer le résultat fiscal à partir du résultat comptable retraité
- Déposer la déclaration de résultat dans les délais impartis
- Vérifier le montant des acomptes versés au cours de l'exercice
- Déclarer et payer le solde via le relevé n° 2572
- Conserver les justificatifs comptables et fiscaux pendant six ans
Quelles sont les situations particulières à connaître ?
Le premier exercice soumis à l'IS
La première année d'assujettissement à l'impôt sur les sociétés obéit à des règles calendaires particulières, notamment lorsque l'exercice a une durée différente de douze mois. Ces spécificités concernent aussi bien le calcul des acomptes que le délai de dépôt de la première déclaration de résultat. Notre article sur le premier exercice à l'IS détaille l'ensemble de ces particularités.
Le déficit fiscal et son report
Lorsque le résultat fiscal d'un exercice est négatif, la société constate un déficit fiscal. Ce déficit peut être reporté sur les exercices suivants, sans limite de durée, mais son imputation reste plafonnée : elle est intégrale jusqu'à 1 000 000 € de bénéfice, puis limitée à 50 % de la fraction excédant ce montant.
L'intégration fiscale de groupe
Un groupe de sociétés dont la mère détient au moins 95 % du capital de ses filiales peut opter pour un régime d'intégration fiscale. Ce régime permet de calculer un résultat fiscal d'ensemble au niveau de la société mère, en compensant les bénéfices et les déficits des différentes sociétés du groupe. Cette option engage le groupe pour une durée minimale de cinq exercices.
Que risque-t-on en cas de manquement aux obligations liées à l'IS ?
Le défaut ou le retard de dépôt de la déclaration de résultat entraîne une majoration de 10 % du montant de l'impôt dû. Cette majoration est portée à 40 % en cas de non-dépôt malgré une mise en demeure, et à 80 % en cas d'activité occulte.
Le retard de paiement de l'impôt, qu'il s'agisse d'un acompte ou du solde, entraîne une majoration de 5 % des sommes non versées dans les délais, à laquelle s'ajoute un intérêt de retard de 0,20 % par mois, soit 2,4 % par an.
Ces majorations s'appliquent indépendamment les unes des autres : un dépôt tardif accompagné d'un paiement tardif peut cumuler plusieurs pénalités distinctes.
FAQ : impôt sur les sociétés
Une société peut-elle revenir sur son option pour l'impôt sur les sociétés ?
L'option pour l'impôt sur les sociétés est en principe irrévocable. Une renonciation reste toutefois possible dans les cinq exercices suivant celui au titre duquel l'option a pris effet, selon les conditions prévues par le code général des impôts.
Le taux réduit de 15 % s'applique-t-il automatiquement aux PME ?
Non, aucune option ne doit être exercée, mais les conditions de chiffre d'affaires et de détention du capital doivent être vérifiées à chaque exercice. Une entreprise qui remplissait ces conditions une année peut en être exclue l'année suivante si sa situation change.
Faut-il déposer une liasse fiscale même en l'absence de bénéfice ?
Oui. La déclaration de résultat doit être déposée chaque année, y compris lorsque l'exercice se solde par un résultat nul ou déficitaire. L'absence de bénéfice dispense uniquement du paiement de l'impôt, pas du dépôt de la déclaration.
Une micro-entreprise est-elle soumise à l'impôt sur les sociétés ?
Non, sauf exception. Une micro-entreprise relève du régime fiscal de l'entreprise individuelle, soumis à l'impôt sur le revenu selon le régime micro-BIC ou micro-BNC. Elle ne peut pas opter pour l'impôt sur les sociétés tant qu'elle conserve ce statut.
Sources légales et réglementaires :
- Code général des impôts – Article 205 (champ d'application de l'IS)
- Code général des impôts – Article 219 (taux de l'IS)
- Code général des impôts – Article 1668 (acomptes de l'IS)
- Code général des impôts – Article 1731 (majoration pour paiement tardif)
- BOFiP – Champ d'application de l'impôt sur les sociétés
- Service-Public.fr – Impôt sur les sociétés
Article lié
Acomptes IS : dates, calcul et modalités de paiement Le paiement de l'impôt sur les sociétés s'échelonne en quatre acomptes trimestriels calculés sur le résultat fiscal de l'exercice précédent, sous certaines conditions de dispense.Article lié
Résultat fiscal IS : comment le calculer ? Le résultat fiscal soumis à l'impôt sur les sociétés diffère du résultat comptable en raison de retraitements fiscaux spécifiques, applicables charge par charge.