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Indemnités kilométriques : barème et calcul
Un salarié qui utilise son véhicule personnel pour un déplacement professionnel, un dirigeant qui roule pour le compte de sa société, ou un indépendant qui compte ses trajets professionnels dans son résultat imposable : tous peuvent s'appuyer sur un même outil, le barème kilométrique. Publié chaque année par l'administration fiscale, ce barème fixe un montant forfaitaire par kilomètre parcouru, calculé selon la puissance fiscale du véhicule et la distance professionnelle annuelle.
Ce barème répond à deux objectifs distincts : permettre à un employeur de rembourser les frais de déplacement d'un salarié sans générer de charges sociales ni d'imposition supplémentaire, et permettre à un professionnel imposé selon le régime des frais réels de calculer la part déductible de l'usage professionnel de son véhicule personnel, sans devoir conserver chaque facture d'entretien ou de carburant.
Cet article détaille les taux applicables aux voitures et aux deux-roues motorisés, la méthode de calcul étape par étape, ainsi que les limites et justificatifs à respecter pour sécuriser cette indemnisation.
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Qu'est-ce que l'indemnité kilométrique ?
L'indemnité kilométrique est une somme forfaitaire destinée à compenser les frais engagés par une personne qui utilise son véhicule personnel dans un cadre professionnel. Elle couvre l'ensemble des charges liées à ce véhicule : carburant, assurance, entretien, usure des pneumatiques et dépréciation liée à l'usage professionnel.
Le montant de cette indemnité repose sur un barème kilométrique publié annuellement par la direction générale des Finances publiques. Ce barème forfaitaire dispense celui qui l'utilise de justifier le montant exact de ses frais réels de véhicule : seuls la puissance fiscale du véhicule et le nombre de kilomètres parcourus à titre professionnel entrent dans le calcul.
Ce mécanisme concerne deux situations distinctes. D'une part, le remboursement par un employeur des frais de déplacement d'un salarié utilisant son véhicule personnel. D'autre part, le calcul, par un professionnel relevant du régime des frais réels, de la part déductible de l'usage professionnel de son véhicule personnel dans son résultat imposable.
Qui peut utiliser le barème kilométrique ?
Trois catégories de personnes recourent régulièrement au barème kilométrique, mais dans des cadres juridiques différents.
Les salariés en déplacement professionnel
Un salarié qui utilise son véhicule personnel pour effectuer un déplacement professionnel, à la demande de son employeur, peut être remboursé sur la base du barème kilométrique. Ce remboursement est exonéré de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu dans la limite des montants prévus par le barème. Au-delà de cette limite, la fraction excédentaire est requalifiée en rémunération soumise aux cotisations sociales.
Les dirigeants utilisant leur véhicule personnel
Un dirigeant de société qui utilise son véhicule personnel pour des déplacements liés à l'activité de l'entreprise peut se faire rembourser ses frais selon le même barème, à condition de produire des justificatifs précis : carte grise du véhicule, relevé kilométrique et objet professionnel de chaque déplacement. Ce remboursement diffère du régime applicable lorsque le véhicule appartient à la société elle-même, une situation détaillée dans notre comparatif entre voiture de société et voiture personnelle.
Les travailleurs indépendants et professions libérales
Un professionnel relevant des bénéfices industriels et commerciaux ou des bénéfices non commerciaux, et qui opte pour le régime des frais réels plutôt que pour un abattement forfaitaire, peut appliquer le barème kilométrique à son véhicule personnel affecté à son activité. Cette option remplace la déduction des frais réels justifiés par facture : carburant, entretien, assurance et amortissement du véhicule ne peuvent alors plus être déduits séparément.
Le barème kilométrique applicable aux voitures
Le barème kilométrique automobile varie selon deux critères : la puissance fiscale du véhicule, exprimée en chevaux (CV) et indiquée sur la carte grise, et la distance professionnelle parcourue au cours de l'année. Trois tranches de distance s'appliquent, avec un taux dégressif au fur et à mesure que le kilométrage augmente.
| Puissance fiscale | Indemnité par km (jusqu'à 5 000 km) |
|---|---|
| 3 CV et moins | 0,529 €/km |
| 4 CV | 0,606 €/km |
| 5 CV | 0,636 €/km |
| 6 CV | 0,665 €/km |
| 7 CV et plus | 0,697 €/km |
Au-delà de 5 000 kilomètres parcourus dans l'année, le calcul change de logique : un montant fixe s'ajoute à un taux par kilomètre réduit, ce qui explique une baisse apparente du coût unitaire lorsque le kilométrage professionnel augmente.
| Puissance fiscale | Formule (d = km parcourus) |
|---|---|
| 3 CV et moins | (d × 0,316) + 1 065 € |
| 4 CV | (d × 0,340) + 1 330 € |
| 5 CV | (d × 0,357) + 1 395 € |
| 6 CV | (d × 0,374) + 1 457 € |
| 7 CV et plus | (d × 0,394) + 1 515 € |
Au-delà de 20 000 kilomètres parcourus, un taux unique et plus faible s'applique à l'ensemble de la distance, sans montant fixe additionnel.
| Puissance fiscale | Indemnité par km (au-delà de 20 000 km) |
|---|---|
| 3 CV et moins | 0,370 €/km |
| 4 CV | 0,407 €/km |
| 5 CV | 0,427 €/km |
| 6 CV | 0,447 €/km |
| 7 CV et plus | 0,470 €/km |
Ces montants concernent les véhicules à motorisation thermique ou hybride. Un régime plus favorable existe pour les véhicules 100 % électriques, détaillé dans notre article sur les avantages fiscaux du véhicule électrique en société.
Majoration pour les véhicules électriques
Le barème kilométrique applicable à un véhicule 100 % électrique est majoré de 20 % par rapport aux montants du barème classique, quelle que soit la tranche de distance concernée.
Cette majoration compense en partie le coût d'acquisition plus élevé de ces véhicules et s'applique aussi bien au remboursement des salariés qu'au calcul des frais réels des indépendants.
Le barème applicable aux motos et aux cyclomoteurs
Les deux-roues motorisés disposent de leur propre barème, distinct de celui des voitures, avec des tranches de distance différentes.
| Puissance fiscale | Indemnité par km (jusqu'à 3 000 km) |
|---|---|
| 1 ou 2 CV | 0,395 €/km |
| 3, 4 ou 5 CV | 0,468 €/km |
| Plus de 5 CV | 0,606 €/km |
Comme pour les voitures, deux tranches supplémentaires s'appliquent au-delà de 3 000 kilomètres : un montant fixe combiné à un taux réduit entre 3 001 et 6 000 kilomètres, puis un taux unique au-delà de 6 000 kilomètres. Les cyclomoteurs de moins de 50 cm³ suivent un barème spécifique, avec un taux unique de 0,315 €/km jusqu'à 3 000 kilomètres, quelle que soit leur puissance.
Comment calculer son indemnité kilométrique ?
Les quatre étapes du calcul
Le calcul d'une indemnité kilométrique suit toujours la même méthode, quelle que soit la situation du bénéficiaire. Ces quatre étapes permettent d'aboutir au montant exact dû pour l'année considérée.
- Relever la puissance fiscale du véhicule inscrite sur la carte grise, à la rubrique P.6
- Additionner l'ensemble des kilomètres parcourus à titre professionnel durant l'année
- Repérer la tranche de distance correspondante dans le barème applicable au véhicule
- Appliquer la formule ou le taux prévu pour la puissance fiscale et la tranche concernées
Exemple : un salarié utilisant un véhicule de 5 CV a parcouru 8 000 kilomètres à titre professionnel dans l'année. Cette distance se situe dans la tranche de 5 001 à 20 000 kilomètres. Le calcul est le suivant : (8 000 × 0,357) + 1 395 €, soit 2 856 € + 1 395 € = 4 251 €.
Plafonds, justificatifs et limites à respecter
Le barème kilométrique n'est pas sans limite. Plusieurs points méritent une attention particulière avant de l'utiliser.
La puissance fiscale maximale prise en compte
Le barème s'arrête à la catégorie « 7 CV et plus ». Un véhicule dont la puissance fiscale dépasse 7 CV se voit appliquer le même taux que celui prévu pour cette catégorie, sans majoration supplémentaire liée à une puissance plus élevée.
Les trajets pris en compte
Seuls les déplacements effectués dans le cadre de l'activité professionnelle entrent dans le calcul. Le trajet habituel entre le domicile et le lieu de travail n'est pas assimilé à un déplacement professionnel, sauf circonstances particulières reconnues par l'administration fiscale, comme un éloignement important ou une contrainte familiale spécifique.
Les justificatifs à conserver
L'application du barème kilométrique n'exonère pas de justifier la réalité des déplacements. La carte grise du véhicule, un relevé kilométrique daté et l'objet professionnel de chaque trajet doivent être conservés en cas de contrôle, que ce soit par l'administration fiscale ou par l'Urssaf pour les remboursements effectués par un employeur.
Cette logique de remboursement au barème ne s'applique pas lorsque le véhicule appartient directement à la société. Dans ce cas, les charges sont comptabilisées et déduites selon d'autres règles, notamment celles de l'amortissement du véhicule de société et de la déductibilité de la TVA applicable aux véhicules professionnels.
Les erreurs fréquentes à éviter
Certaines confusions reviennent régulièrement lors de l'application du barème. Voici les principales à surveiller.
- Confondre trajet domicile-travail habituel et déplacement professionnel ponctuel
- Retenir une puissance fiscale erronée, différente de celle inscrite sur la carte grise
- Cumuler barème kilométrique et déduction de frais réels justifiés par facture
- Omettre la majoration de 20 % applicable aux véhicules 100 % électriques
- Oublier de conserver un relevé kilométrique daté en cas de contrôle
FAQ : indemnités kilométriques
Le barème kilométrique est-il obligatoire, ou peut-on choisir un autre mode de calcul ?
Le barème kilométrique n'est jamais une obligation. Un salarié comme un professionnel indépendant peut préférer justifier ses frais réels de véhicule au moyen de factures, à condition de renoncer alors à l'application du barème forfaitaire pour l'ensemble de l'année considérée.
Le barème kilométrique est-il révisé chaque année ?
Oui. Le barème est fixé par arrêté ministériel, généralement publié au printemps, en tenant compte de l'évolution du coût d'usage des véhicules constatée l'année précédente. Les montants peuvent donc varier d'une année sur l'autre.
Le barème varie-t-il selon la région où se situe l'entreprise ?
Non, le barème kilométrique est identique sur l'ensemble du territoire français. Il ne tient compte ni du département, ni du prix local du carburant, ni des conditions de circulation propres à chaque zone.
Comment justifier le kilométrage parcouru en l'absence de compteur dédié aux trajets professionnels ?
Un relevé manuel suffit, à condition qu'il mentionne la date, le lieu de départ, le lieu d'arrivée, la distance parcourue et le motif professionnel du déplacement. Ce relevé peut s'appuyer sur un agenda professionnel ou des notes de frais datées.
Sources légales et réglementaires :
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