Article

Coût total de création d'une SASU

Rédigé par Redlina Dernière mise à jour : 7 minutes de lecture

Créer une SASU coûte, dans son scénario le plus économique, environ 175 € de frais légaux obligatoires. Ce montant peut néanmoins grimper à plusieurs milliers d'euros selon l'accompagnement choisi pour la rédaction des statuts et les démarches d'immatriculation.

Le coût total dépend de trois éléments distincts : les frais légaux incontournables, imposés à toute SASU quelle que soit la manière de créer la société ; les frais d'accompagnement juridique, qui varient fortement selon que le dirigeant rédige lui-même ses statuts ou fait appel à un professionnel ; et les frais annexes, souvent oubliés au moment d'établir le budget de création.

Le capital social, quant à lui, ne constitue pas une dépense au sens strict. C'est un apport qui reste la propriété de la société, et non une somme dépensée pour la créer. Cette distinction, développée plus loin dans cet article, évite une confusion fréquente chez les créateurs d'entreprise.

Accès direct :

Les frais légaux obligatoires pour créer une SASU

Trois frais légaux s'appliquent à la création de toute SASU, indépendamment de la taille du projet ou de l'accompagnement choisi. Ils sont dus lors du dépôt du dossier de création auprès du guichet unique.

Frais Montant
Frais de greffe (immatriculation au RCS) 37,45 €
Publication de l'annonce légale de constitution 138 € environ (tarif forfaitaire)
Déclaration du bénéficiaire effectif Gratuite si déposée avec l'immatriculation, 24,08 € sinon

Les frais de greffe rémunèrent l'enregistrement de la société au registre du commerce et des sociétés. Leur montant est fixé par arrêté ministériel et s'applique de manière identique à toutes les SASU, quel que soit le montant du capital social ou la nature de l'activité exercée.

La publication de l'annonce légale de constitution informe les tiers de la création de la société. Son tarif est forfaitaire depuis 2021 pour les SAS et les SASU : il ne dépend plus de la longueur du texte publié, mais uniquement de la zone géographique du siège social. Les modalités de publication de cette annonce légale déterminent en revanche le support choisi et le délai d'obtention de l'attestation de parution.

La déclaration du bénéficiaire effectif identifie la ou les personnes physiques qui détiennent, directement ou indirectement, le contrôle de la société. Déposée en même temps que la demande d'immatriculation, elle ne génère aucun frais supplémentaire. Déposée séparément après la création de la société, elle donne lieu à une facturation.

Le capital social : un apport, pas une dépense

Le capital social d'une SASU n'entre pas dans le calcul du coût de création, contrairement à une idée répandue. Il ne s'agit pas d'une dépense, mais d'un apport : la somme versée reste la propriété de la société et figure à son bilan, sous forme de trésorerie ou de biens apportés.

La loi n'impose aucun capital social minimum pour une SASU : un euro symbolique suffit juridiquement. En pratique, un capital trop faible fragilise la crédibilité de la société auprès des banques, des fournisseurs et des partenaires commerciaux. Le choix du montant du capital social et ses modalités de libération méritent une réflexion propre, distincte du budget de création proprement dit.

Lorsque les apports sont réalisés en numéraire, seule la moitié du capital social doit être versée à la constitution de la société. Le solde peut être libéré dans un délai de cinq ans à compter de l'immatriculation. Cette souplesse permet de limiter la sortie de trésorerie immédiate, sans réduire le montant affiché du capital social dans les statuts.

Le coût de la rédaction des statuts

La rédaction des statuts constitue le poste de dépense le plus variable dans le budget de création d'une SASU. Trois options principales s'offrent au créateur, avec des écarts de coût importants.

Rédiger ses statuts soi-même

Rédiger seul les statuts d'une SASU ne coûte rien, si l'on excepte le temps consacré à cette tâche. Cette option suppose de maîtriser les mentions obligatoires que les statuts doivent comporter, sous peine de voir le dossier rejeté par le greffe ou de rédiger des clauses inadaptées au fonctionnement réel de la société.

Passer par une plateforme juridique en ligne

Les plateformes juridiques en ligne proposent des modèles de statuts personnalisables, complétés d'un accompagnement dans les démarches d'immatriculation. Leur tarif se situe généralement entre 150 € et 300 €, hors frais légaux obligatoires. Cette option convient aux projets simples, dont la structure ne nécessite pas de clauses statutaires complexes.

Faire appel à un avocat ou un expert-comptable

La rédaction des statuts par un avocat ou un expert-comptable coûte généralement entre 800 € et 2 500 €, selon la complexité du projet et le professionnel sollicité. Ce tarif inclut souvent un accompagnement personnalisé et une adaptation fine des clauses statutaires à la situation du dirigeant, notamment lorsque plusieurs investisseurs sont impliqués ou que des clauses spécifiques doivent être anticipées.

Les frais annexes souvent oubliés

Certains frais, sans être imposés par la loi, s'ajoutent presque systématiquement au budget de création d'une SASU.

Ces frais annexes ne relèvent pas d'une obligation légale uniforme, mais leur absence expose le dirigeant à des difficultés pratiques : une société sans compte bancaire dédié ne peut pas fonctionner normalement, et une domiciliation mal choisie peut compliquer la réception du courrier officiel.

Ce budget de création ne doit pas être confondu avec les charges qui pèsent sur la société une fois immatriculée. Les frais annuels d'une SASU couvrent des postes différents : comptabilité, assurances récurrentes, cotisations sociales du dirigeant et obligations déclaratives.

Le budget total selon le scénario choisi

Le tableau suivant récapitule le coût total de création d'une SASU selon le mode de rédaction des statuts retenu, frais légaux obligatoires inclus.

Scénario Coût total indicatif
Statuts rédigés seul 175 € environ
Statuts via une plateforme juridique en ligne 325 € à 475 € environ
Statuts rédigés par un avocat ou un expert-comptable 975 € à 2 675 € environ

Ces montants n'incluent pas les frais annexes mentionnés plus haut, ni les frais annuels qui s'appliquent une fois la société immatriculée. Ils constituent une base de calcul pour le budget strictement lié à la création.

Erreur fréquente

Certains créateurs déposent la déclaration du bénéficiaire effectif après l'immatriculation, pensant simplifier leurs démarches. Cette séparation entraîne systématiquement une facturation de 24,08 €, alors que le dépôt simultané avec la demande d'immatriculation reste gratuit.

Checklist : vérifier son budget avant de créer sa SASU

Avant de déposer le dossier de création, vérifiez que votre budget intègre bien l'ensemble des postes de dépense, y compris ceux qui sont facilement oubliés au moment de l'estimation initiale.

FAQ : coût de création d'une SASU

Les frais de création d'une SASU sont-ils déductibles fiscalement ?

Les frais engagés pour le compte de la société avant son immatriculation peuvent lui être remboursés une fois celle-ci créée. Ils sont alors comptabilisés en charges ou en frais d'établissement, selon le traitement comptable retenu, et viennent réduire le résultat imposable de l'exercice.

Peut-on régler les frais de création avec son compte bancaire personnel ?

Avant son immatriculation, la SASU n'a pas encore d'existence juridique et ne dispose donc pas de compte bancaire propre. Les frais sont réglés par le fondateur sur ses fonds personnels, puis remboursés par la société une fois celle-ci immatriculée, à condition que ces dépenses aient été engagées pour son compte.

Le montant du capital social influence-t-il les frais de greffe ?

Non. Les frais de greffe sont un montant fixe, identique pour toutes les SASU quel que soit le montant du capital social choisi. Seule la forme juridique de la société influence ce tarif.

Faut-il payer la TVA sur les frais de création d'une SASU ?

Les frais de greffe et la déclaration du bénéficiaire effectif ne sont pas soumis à la TVA, car il s'agit de taxes administratives. Les honoraires facturés par un avocat, un expert-comptable ou une plateforme juridique sont en revanche généralement soumis à la TVA au taux de 20 %.

Sources légales et réglementaires :

  1. Service-Public.fr – Formalités de création d'une société
  2. INPI – Guichet unique des formalités d'entreprises
  3. Code monétaire et financier – Article R561-1 (bénéficiaire effectif)
  4. Code de commerce – Article L227-1 (régime juridique de la SASU)