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CFE : date limite de paiement et modalités
La cotisation foncière des entreprises (CFE) doit être réglée à deux échéances fixées chaque année par l'administration fiscale : le 15 juin pour l'acompte, lorsqu'il est dû, et le 15 décembre pour le solde. Ces dates s'appliquent à toutes les entreprises redevables de la CFE, quelle que soit leur forme juridique ou leur secteur d'activité.
Le paiement doit obligatoirement être effectué par un moyen dématérialisé, et tout retard entraîne une majoration automatique. Ces deux règles surprennent encore de nombreux dirigeants, en particulier lors de leur première déclaration de CFE.
Cet article détaille les dates limites applicables à l'acompte et au solde de la CFE, les moyens de paiement autorisés, et les conséquences d'un retard ou d'un paiement effectué par un moyen non conforme.
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Les deux échéances de paiement de la CFE
La CFE peut donner lieu à deux paiements distincts au cours de la même année civile : un acompte, versé au milieu de l'année, et un solde, réglé en fin d'année. Toutes les entreprises ne sont pas concernées par l'acompte, mais toutes doivent régler le solde.
Le tableau suivant résume les deux échéances et les conditions qui déterminent le montant dû à chacune d'elles.
| Échéance | Ce qui est dû |
|---|---|
| Acompte — 15 juin | 50 % de la CFE de l'année précédente, uniquement si celle-ci dépassait 3 000 € |
| Solde — 15 décembre | Montant total de la CFE de l'année en cours, diminué de l'acompte déjà versé |
L'acompte de CFE : qui le paie et quand ?
L'acompte de CFE n'est pas dû par toutes les entreprises. Il ne s'applique qu'aux redevables dont la CFE de l'année précédente dépassait 3 000 €. En dessous de ce montant, aucun acompte n'est réclamé, et la totalité de la cotisation est réglée au moment du solde, le 15 décembre.
Lorsqu'il est dû, l'acompte représente 50 % du montant de la CFE payée l'année précédente. Ce calcul est effectué automatiquement par l'administration fiscale, sans démarche particulière à accomplir : le montant à régler figure directement dans l'espace professionnel en ligne. Le détail de la base d'imposition retenue pour l'année en cours n'est en revanche connu qu'au moment de l'établissement du solde.
Une entreprise nouvellement créée n'a, par définition, aucune CFE due l'année précédente : elle n'est donc jamais concernée par l'acompte lors de sa première année d'activité. La question de l'acompte ne se posera qu'à compter de la seconde année d'imposition.
Point de vigilance
L'avis d'imposition de CFE n'est plus envoyé par courrier depuis plusieurs années. Il est uniquement consultable dans l'espace professionnel du site impots.gouv.fr, généralement disponible début novembre pour le solde.
Une entreprise qui ne consulte pas régulièrement son espace en ligne s'expose à découvrir la date limite de paiement après son échéance, sans qu'aucun rappel papier ne lui soit adressé au préalable.
Le solde de CFE : la date limite du 15 décembre
Le solde correspond au montant total de la CFE due au titre de l'année en cours, diminué de l'acompte déjà versé le cas échéant. Il doit être réglé au plus tard le 15 décembre, quel que soit le montant concerné.
L'avis d'imposition correspondant est mis à disposition dans l'espace professionnel en ligne quelques semaines avant cette échéance, généralement dans le courant du mois de novembre. Il détaille le montant réclamé, les établissements concernés et les éventuelles réductions appliquées.
Une entreprise qui choisit de régler son solde directement en ligne, plutôt que par un autre moyen dématérialisé, bénéficie généralement d'un délai supplémentaire de quelques jours après la date limite affichée. Ce délai n'est toutefois pas un report de l'échéance elle-même : il concerne uniquement le moment où le prélèvement est effectivement exécuté.
Quels moyens de paiement sont autorisés ?
Le paiement de la CFE doit obligatoirement être effectué par un moyen dématérialisé, quel que soit le montant réclamé. Le chèque et les espèces ne sont pas acceptés pour cette imposition.
Trois moyens de paiement dématérialisés sont proposés aux entreprises.
- Le prélèvement mensuel, qui étale le paiement de janvier à décembre et s'ajuste automatiquement au montant réel dû
- Le prélèvement à l'échéance, qui débite le compte bancaire exactement à la date limite, sans action à renouveler chaque année
- Le paiement en ligne, effectué directement depuis l'espace professionnel au moment choisi par l'entreprise
L'adhésion au prélèvement mensuel ou au prélèvement à l'échéance doit être réalisée suffisamment tôt avant l'échéance concernée pour être prise en compte, faute de quoi le paiement doit être effectué par un autre moyen dématérialisé disponible.
Checklist : bien payer sa CFE à temps
Ces cinq vérifications permettent d'éviter tout oubli ou erreur de paiement de la CFE, qu'il s'agisse de l'acompte ou du solde.
- Vérifier si un acompte est dû avant le 15 juin, selon le montant de la CFE de l'année précédente
- Consulter l'espace professionnel dès début novembre pour prendre connaissance du solde
- Choisir un moyen de paiement dématérialisé adapté : prélèvement mensuel, à l'échéance ou en ligne
- Adhérer au prélèvement suffisamment tôt pour qu'il soit pris en compte à temps
- Régler le solde au plus tard le 15 décembre, sans attendre la dernière minute
Que risque-t-on en cas de retard ou d'erreur de paiement ?
Un paiement effectué après la date limite entraîne l'application d'une majoration de 10 %, calculée sur le montant resté impayé. Cette majoration s'applique automatiquement, sans mise en demeure préalable, dès le lendemain de l'échéance.
Le non-respect de l'obligation de paiement dématérialisé constitue une infraction distincte. Une entreprise qui règle sa CFE par un moyen non autorisé s'expose à une majoration de 0,2 % des sommes concernées, avec un minimum de 60 €, même si le paiement a été effectué avant la date limite.
Une entreprise qui rencontre des difficultés financières temporaires peut solliciter un délai de paiement auprès du service des impôts des entreprises dont elle dépend. Cette démarche doit être engagée avant la date limite, et n'est jamais accordée automatiquement.
Lorsque le désaccord porte sur le montant réclamé plutôt que sur un simple délai, l'entreprise peut engager une démarche pour contester sa CFE, dans les délais de réclamation prévus par le Code général des impôts.
Certaines situations permettent également d'obtenir un dégrèvement de CFE, qui réduit ou annule le montant dû sans passer par une procédure contentieuse classique.
FAQ : paiement de la CFE
Que se passe-t-il si le prélèvement de ma CFE est rejeté pour défaut de provision ?
Le paiement est alors considéré comme non effectué à l'échéance. La majoration de 10 % pour retard s'applique dans les mêmes conditions qu'un paiement absent, et des frais bancaires peuvent s'ajouter selon votre établissement.
Puis-je demander un délai de paiement pour ma CFE ?
Oui, une demande peut être adressée au service des impôts des entreprises avant l'échéance en cas de difficulté financière. Ce délai n'est pas automatique : il est examiné au cas par cas par l'administration.
La date limite de paiement de la CFE est-elle la même pour toutes les entreprises ?
Oui, les dates du 15 juin pour l'acompte et du 15 décembre pour le solde s'appliquent à l'ensemble des redevables de la CFE, quelle que soit leur taille ou leur activité. Seule l'existence d'un acompte varie selon le montant de la CFE de l'année précédente.
Le prélèvement mensuel de CFE s'ajuste-t-il automatiquement si le montant change d'une année à l'autre ?
Oui, les mensualités sont recalculées automatiquement à partir du montant réel figurant sur l'avis d'imposition. Un ajustement est généralement appliqué sur les dernières échéances de l'année pour compenser l'écart avec les mois précédents.
Sources légales et réglementaires :
- Code général des impôts – Articles 1679 quinquies, 1730 et 1738 (acompte et majorations)
- impots.gouv.fr – La cotisation foncière des entreprises (CFE)
- entreprendre.service-public.fr – Cotisation foncière des entreprises : paiement et échéances
- BOFiP-Impôts – BOI-IF-CFE : paiement de la cotisation foncière des entreprises
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