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Créer une SAS : toutes les étapes
Créer une SAS suppose de suivre un enchaînement précis de formalités : rédaction des statuts, nomination d'un président, constitution du capital social, domiciliation du siège, publication d'une annonce légale, puis dépôt du dossier auprès du Guichet unique. Chacune de ces étapes conditionne la validité de l'immatriculation, donc la naissance juridique de la société.
La société par actions simplifiée séduit par la liberté qu'elle laisse dans la rédaction des statuts et par l'absence de capital social minimum imposé par la loi. Cette souplesse ne dispense pas de respecter un formalisme précis à chaque étape de la constitution.
Cet article détaille les sept étapes de la création d'une SAS, les documents à réunir pour le dossier d'immatriculation, et les erreurs qui retardent le plus souvent l'obtention du Kbis.
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Qu'est-ce qu'une SAS et qui peut en créer une ?
La société par actions simplifiée (SAS) est une forme de société commerciale régie par les articles L227-1 à L227-20 du Code de commerce. Elle peut être constituée par une seule personne — on parle alors de SASU, société par actions simplifiée unipersonnelle — ou par plusieurs associés, personnes physiques ou morales, sans limite maximale de nombre.
Sa particularité tient à la liberté contractuelle laissée aux associés : la loi impose peu de règles de fonctionnement, à charge pour les statuts de les définir eux-mêmes. Cette souplesse explique pourquoi la SAS est devenue la forme de société la plus choisie pour les projets impliquant plusieurs investisseurs ou une levée de fonds.
Créer une SAS suppose de réunir certaines conditions minimales : au moins un associé, un président obligatoirement désigné, un capital social dont le montant est libre, et des statuts écrits. Aucune activité n'est exclue par principe, sous réserve des activités réglementées soumises à des conditions particulières de diplôme ou d'agrément.
Les étapes pour créer une SAS
La création d'une SAS suit un ordre logique, même si certaines démarches peuvent être menées en parallèle pour gagner du temps. Voici les sept étapes incontournables, de la rédaction des statuts jusqu'à l'obtention de l'extrait Kbis.
1. Rédiger les statuts de la SAS
Les statuts constituent le socle juridique de la société : ils fixent la dénomination sociale, l'objet social, le siège social, le montant du capital, les modalités de nomination et de révocation du président, ainsi que les règles de prise de décision entre associés. La loi impose peu de mentions obligatoires, mais leur rédaction mérite une attention particulière car elle conditionne le fonctionnement futur de la société.
Les clauses relatives à la cession d'actions, à l'agrément des nouveaux associés ou à la répartition des pouvoirs entre organes de direction méritent une rédaction soignée dès l'origine. L'article consacré aux statuts de SAS et à leurs mentions obligatoires détaille chacune de ces clauses et les erreurs de rédaction les plus fréquentes.
2. Nommer le président et les éventuels autres dirigeants
Le président est l'organe de direction obligatoire dans une SAS : il représente la société vis-à-vis des tiers et engage sa responsabilité dans l'exercice de ses fonctions. Il peut s'agir d'une personne physique ou d'une personne morale, associée ou non de la société.
Les statuts peuvent également prévoir la nomination d'autres organes de direction, tels qu'un directeur général ou un comité de direction, avec des pouvoirs définis librement par les associés. Cette organisation doit être arrêtée avant la signature des statuts, puisque l'identité du président figure obligatoirement parmi les mentions statutaires.
3. Constituer et déposer le capital social
Le capital social d'une SAS peut être fixé à un montant symbolique, la loi ne fixant aucun minimum légal. Ce montant doit néanmoins être adapté aux besoins réels du projet, car il conditionne la crédibilité de la société auprès des partenaires financiers.
Les apports en numéraire doivent être déposés sur un compte bloqué ouvert au nom de la société en formation, auprès d'une banque, d'un notaire ou de la Caisse des dépôts et consignations, avant la signature définitive des statuts. L'article consacré au capital social d'une SAS détaille les règles de libération applicables aux apports en numéraire et les particularités des apports en nature.
Point de vigilance
Un capital social fixé à 1 € reste juridiquement valable, mais il peut nuire à la crédibilité de la société auprès des banques, fournisseurs et partenaires commerciaux dès les premiers mois d'activité.
Le montant retenu doit correspondre aux besoins réels de financement du projet, sans excéder non plus les capacités des associés à libérer les fonds dans les délais prévus par la loi.
4. Domicilier le siège social
Le siège social peut être fixé au domicile personnel du président, dans un local commercial loué ou acheté, ou auprès d'une société de domiciliation. Chaque option implique des conditions différentes : la domiciliation chez le dirigeant est possible sans limitation de durée sauf clause contraire du bail ou du règlement de copropriété, tandis que la domiciliation commerciale suppose la signature d'un contrat spécifique.
Le choix du siège social détermine le greffe du tribunal de commerce compétent pour l'immatriculation, ainsi que la chambre de commerce et d'industrie de rattachement de la société. Un justificatif de domiciliation doit être joint au dossier de création, quelle que soit l'option retenue.
5. Publier un avis de constitution dans un support d'annonces légales
La constitution de la SAS doit être portée à la connaissance des tiers par une annonce légale publiée dans un support habilité à recevoir les annonces légales du département du siège social. Cette annonce reprend les principales mentions statutaires : dénomination, forme sociale, capital, siège, objet, durée et identité du président.
La publication doit intervenir avant le dépôt du dossier d'immatriculation, l'attestation de parution figurant parmi les pièces obligatoires du dossier. L'article dédié à l'annonce légale de SAS détaille les supports habilités et les mentions à faire figurer.
6. Déclarer les bénéficiaires effectifs
Toute société commerciale doit déclarer, au moment de son immatriculation, l'identité de ses bénéficiaires effectifs : les personnes physiques qui détiennent, directement ou indirectement, plus de 25 % du capital ou des droits de vote, ou qui exercent un pouvoir de contrôle sur les organes de direction.
Cette déclaration prend la forme d'un document déposé au registre du commerce et des sociétés, en même temps que le dossier de création. Son absence entraîne le rejet de la demande d'immatriculation par le greffe.
7. Déposer le dossier au Guichet unique et obtenir l'immatriculation
Depuis 2027, l'ensemble des formalités de création d'entreprise transite par le Guichet unique, géré par l'INPI et accessible sur la plateforme formalites.entreprises.gouv.fr. Le dossier complet — statuts signés, justificatif de domiciliation, attestation de dépôt des fonds, déclaration des bénéficiaires effectifs et pièces d'identité des dirigeants — y est déposé de manière dématérialisée.
Une fois le dossier validé par le greffe compétent, la société reçoit son numéro SIREN et son extrait Kbis, qui matérialisent officiellement sa naissance juridique. L'article consacré à l'immatriculation d'une SAS détaille le déroulement de cette étape et les motifs de rejet les plus fréquents.
Checklist : les documents à réunir pour le dossier d'immatriculation
Avant de déposer le dossier sur le Guichet unique, mieux vaut réunir l'ensemble des pièces suivantes pour éviter tout rejet ou demande de complément de la part du greffe.
- Statuts signés par tous les associés ou par l'associé unique
- Justificatif de domiciliation du siège social (bail, contrat de domiciliation ou attestation d'hébergement)
- Attestation de dépôt des fonds correspondant au capital social
- Déclaration des bénéficiaires effectifs (DBE)
- Justificatif d'identité du président et des éventuels autres dirigeants
- Attestation de non-condamnation et de filiation du président
- Attestation de parution de l'annonce légale de constitution
- Formulaire de déclaration de création rempli sur le Guichet unique
Où effectuer chaque formalité ?
Chaque étape de la création d'une SAS implique un interlocuteur distinct. Le tableau suivant récapitule les organismes compétents pour chaque formalité.
| Formalité | Interlocuteur compétent |
|---|---|
| Dépôt du capital social | Banque, notaire ou Caisse des dépôts et consignations |
| Publication de l'annonce légale | Support habilité à recevoir les annonces légales du département du siège |
| Déclaration des bénéficiaires effectifs | Guichet unique, lors du dépôt du dossier de création |
| Dépôt du dossier de création | Guichet unique (formalites.entreprises.gouv.fr) |
| Délivrance de l'extrait Kbis | Greffe du tribunal de commerce compétent |
Les erreurs fréquentes à éviter lors de la création d'une SAS
Certaines erreurs reviennent régulièrement dans les dossiers de création et retardent l'obtention de l'immatriculation. Les connaître permet de les anticiper avant le dépôt du dossier.
- Rédiger des statuts génériques, non adaptés au fonctionnement réel de la société
- Fixer un objet social trop restrictif, limitant les évolutions futures de l'activité
- Déposer un dossier incomplet, sans la déclaration des bénéficiaires effectifs
- Omettre l'attestation de parution de l'annonce légale dans le dossier final
- Domicilier le siège sans vérifier le règlement de copropriété ou le bail
FAQ : création d'une SAS
Quelle est la différence entre une SAS et une SASU au moment de la création ?
Les démarches de création sont identiques : statuts, capital, siège, annonce légale et dépôt au Guichet unique. La différence tient au nombre d'associés. La SASU est une SAS constituée par un associé unique, ce qui supprime les règles de décision collective au profit d'une simple décision de l'associé unique consignée dans un registre dédié.
Le président d'une SAS doit-il être associé de la société ?
Non. La loi n'impose pas que le président soit associé de la SAS. Les statuts peuvent désigner un tiers, personne physique ou morale, dès lors que les modalités de sa nomination et de sa révocation sont précisément définies.
Une SAS peut-elle être constituée uniquement avec des apports en nature ?
Oui, une SAS peut être constituée avec des apports en nature, comme du matériel ou un fonds de commerce, sans apport en numéraire. Un commissaire aux apports doit alors être désigné pour évaluer ces apports, sauf si les conditions de dispense prévues par la loi sont réunies (notamment lorsqu'aucun apport n'excède 30 000 € et que le total des apports en nature ne dépasse pas la moitié du capital).
Quel est le délai pour libérer la totalité du capital social en numéraire ?
Les apports en numéraire doivent être libérés d'au moins la moitié de leur montant lors de la constitution de la société. Le solde doit être versé dans un délai maximal de cinq ans à compter de l'immatriculation au registre du commerce et des sociétés.
Sources légales et réglementaires :
- Code de commerce – Articles L227-1 à L227-20 (société par actions simplifiée)
- Code de commerce – Article L225-3 (libération du capital social)
- Service-Public.fr – Créer une société par actions simplifiée (SAS)
- Guichet unique des formalités d'entreprises (INPI)
- INPI – Déclaration des bénéficiaires effectifs
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